Une fois qu'on a politisé les canicules, on fait quoi ?
Durant cette troisième canicule, les masques tombent. Bien que cela a été pointé du doigt depuis des décennies, l'(ir)responsabilité des Etats devient non seulement palpable mais criminelle. Donner des subventions aux fossiles, sabrer les aides pour les rénovations thermiques (tant pour le froid que pour le chaud), laisser péricliter les trains, les voies cyclables, l'agroécologie, laisser les inégalités grandir et la population la plus vulnérable souffrir voire mourir.
Mais une fois que ce constat est fait, comment on bifurque ? Comment on transforme radicalement des territoires qui subissent des canicules et des innondations à répétition ? Comment on se prépare pour les pénuries énergétiques, hydriques, alimentaires qui se combinent avec les éléments géopolitiques et climatiques ?
La solution est de repartir du bas !
Dans le livre sur le Métabolisme des Villes et des Territoires qui sera publié en Septembre (et illustré par Gaëtan Amossé), je met en avant l'opérationalisation d'un parlement des besoins (idée venue des discussions avec Timothée Parrique).
Ce parlement des besoins ressemble aux conventions citoyennes pour le climat mais diffèrent sur certains points.
1/ Premièrement ce dispositif est local et démarre d'un diagnostic approfondi des ressources locales (foncières, matérielles, infrastructurelles, ...), un diagnostic des moyens de production et de consommation de flux et de pollutions. En d'autre mots une étude de métabolisme territorial spatialisée.
2/ Deuxièmement ce diagnostic est accompagné par une définition collective des besoins essentiels des habitant-es de ce territoires ainsi que des infrastructures les plus efficaces et sobres pour satisfaire ces besoins (voir la notion des provisioning systems). Ces besoins sont mis en contrast avec le diagnostic du point 1 (oui ça ressemble un peu avec du doughnut territorialisé).
3/ Finalement cette définition collective des besoins et ce diagnostic servent de boussole et de clé d'arbitrage pour les choix futurs. Imaginez comme le budget carbone (quantité donnée de carbone à émettre pour rester en-deça d'une température donnée), avoir un budget ressources, un budget foncier, et plein d'autres "budgets" qui nous permettent de choisir quels projets et infrastructures nous gardons, nous fermons, nous construisons, ...
Ne laissons pas notre souffrance passer pour rien. Nous avons les connaissances, nous avons les outils de gouvernance, renforçons notre démocratie, renforçons nos territoires, démantelons les infrastructures mortifères, mettons les gouvernements et les médias face à leurs actes.
Si vous voulez approfondir ces questions de politisations des canicules regarder les posts récents de Bon Pote, Christophe Cassou et Yamina Saheb.
Si vous voulez en apprendre plus sur le parlement des besoins vous pouvez pré-commander notre livre qui parle de tous ces sujets (https://en.tipeee.com/le-metabolisme-de-nos-villes)


